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S.D.F.

De la burle aux alizés en téléchargement libre

Saltimbanques Des Flots

Formalités : la leçon de patience.

Nous arrivons à Santiago de Cuba le dimanche matin de la fête des mères cubaines,après une traversée de six jours et cinq nuits.

En pénétrant dans cette immense baie, nous entendons à la V.H.F . « la barca de vella, la barca de vella ».
Un tour d’horizon rapide et nous constatons que nous sommes les seuls à naviguer sur cette étendue d’eau: c’est donc bien à nous que s’adresse ce message.
Patrick poursuit la conversation dans un espano-anglo-français et les questions commencent à pleuvoir :
« D’où venez-vous ? Où allez-vous ? Combien êtes-vous à bord ?... »
Lorsque nous nous  amarrons au ponton, le dock master et ses adjoints nous accueillent poliment mais nous interdisent de descendre du bateau.
Nous voici donc partis pour une valse interminable de formalités.
Chacun est revêtu d’un uniforme de couleur variant selon les services et les grades sont fièrement affichés sur les épaulettes.
- Un docteur vient tout d’abord inspecter le bateau, la trousse à pharmacie, les réfrigérateurs et nous pose des questions sur notre état de santé, l’eau que nous buvons…et nous demande 30 CUC.
- Un maître chien et ses acolytes arrivent ensuite et promène le chien, un peu endormi, dans les coins et les recoins du bateau…1O CUC
- Trois jeunes douaniers procèdent à leur tour à une inspection musclée: le plus zélé entreprend même de fouiller au hasard un sac de poubelle…20 CUC
-Viennent encore les fonctionnaires de l’immigration: passeports, assurances personnelles et du bateau, cartes touristiques sont regardés avec attention et recopiés sur des feuilles avec carbones intercalés…20 CUC
- Le dock master réapparait, nous repose la série de questions et nous donne royalement l’autorisation de descendre à quai.
- Alors que nous pensions être au bout de nos peines, une équipe d’inspection phytosanitaire  arrive en grand renfort: questions, fouille des réfrigérateurs, des coffres à nourriture. Ouf, tout a l’air de leur convenir et ils nous taxent seulement de 5 CUC. 
- Le bouquet final revient à l’inspecteur des moustiques mais devant mon attirail de spirales anti-moustiques et de bombes en tout genre, il capitule et s’en va.

Ces formalités ont duré toute la journée mais nous pensions, à ce moment-là , être tranquilles pour le reste de notre séjour à Cuba.
Hélas, dans chaque port où nous allons nous rendre, ce seront plus ou moins les mêmes formalités, les mêmes questions, les CUC en moins.

Lorsque nous quittons chaque port, nous avons encore droit à une fouille du bateau, plus ou moins longue suivant les humeurs de chacun .
A la marina Hemingway, à La Havane, les enfants se sont vu refuser le droit de sortir du port en annexe pour faire du ski nautique: trop dangereux, ils risquaient de vendre l’annexe à des cubains avides de liberté.
En dehors de ces marinas internationales, nous n’avons pas le droit de descendre à terre.
A Chivirico, petit village de pêcheurs, un douanier est venu au mouillage nous interdire de nous rendre sur la terre ferme.
Cependant, avec deux sympathiques navigateurs rencontrés dans cette jolie petite baie, la tentation d’enfreindre la loi est grande. Lorsqu’un pêcheur nous signale que le gardien a abandonné son poste, nous montons dans l’annexe et, à la rame et sans lumière pour ne pas se faire repérer, nous rejoignons le rivage pour nous rendre au restaurant à 1 CUC!
Histoire de retrouver notre jeunesse et d’avoir l‘impression de quitter le collège en cachette.

A Cienfuegos, il a fallu rajouter sur la liste d’équipage les enfants  et Franck venus nous retrouver pour un dizaine de jours. Quelle complication! Que de papiers en plus et évidement le prix est de 25 CUC par personne !
Heureusement, Franck ayant apporté des échantillons de parfums, les enfants ont été dispensés de la taxe.
Notons cependant qu’à Cayo Largo, les douaniers, sans doute plus habitués aux touristes, ont été extrêmement gentils et efficaces.

Nous terminons notre périple cubain à La Havane, à coups de tampons, de timbres, de CUC avec, pour ma part, une overdose d’uniformes.