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S.D.F.

De la burle aux alizés en téléchargement libre

Saltimbanques Des Flots

Bonaire, le Disneyland des plongeurs.

Partis de Curaçao de très bonne heure le matin, et après une navigation un peu difficile, nous arrivons en fin de journée à Bonaire et prenons une bouée dans la baie de Kalendijk.
La pêche a été bonne et un espadon voilier de 1.90 mètre nous nourrira durant les quatre jours suivants.

Au mouillage, à quelques mètres des routes et maisons, l’eau est déjà d’une clarté et d’une limpidité telle que nous observons, à l’œil nu, les poissons tourner autour du bateau. Le bonheur des plongeurs sera-t-il au rendez-vous?

En effet, qui ne plonge pas ne vient pas à Bonaire, où l'île entière est un grand parc marin, ainsi que Klein Bonaire, l'île désertique où se trouve un petit phare, une végétation rare et de belles plages de sable blanc.

Dans chaque boutique, des tortues, des barracudas, des coraux mais également des bouteilles d'air, des fanions de plongée sont déclinés en pendentifs, montres, lunettes, bijoux, tee-shirts, verres, tableaux et souvenirs en tout genre. L'île semble exister par et pour la plongée, les centres de plongée ont fleuri à tous les coins de rue, et nombreux sont les 4x4 sillonant les routes chargés de bouteilles de plongée, le conducteur et les occupants en combinaison néoprène, prêts à explorer les fonds marins.

La plupart des plongées ont pour point de départ la plage: des pierres peintes en jaune vif annoncent la plongée, l'entrée et la sortie dans l'eau et il est aisé de se rendre d'un spot à un autre.

Notre journée à terre débute par la visite des marais salants, au Sud de l’île. Sur des hectares de plat pays, surplombés par des montagnes de sel, s’étendent des marais aux multiples couleurs d’eau et de sel. Tous les roses sont représentés, du plus clair au plus foncé, en passant par celui à paillettes étincelantes au soleil. Ils sont bordés d’écume de mer et nous croyons voir des congères de neige fraiche !
Sur les marais déjà asséchés, pelles et bulldozers chargent les bennes des camions qui emportent cet or blanc plus loin, où il sera traité et transporté à nouveau sur des cargos en attente aux pontons.
C’est ici que se trouvent les fameux flamants roses, emblème de l’île et nous les observons de loin pour ne pas les déranger. (Si vous ne le croyez pas, vous avez raison, il n’y a pas de chemin carrossable pour les approcher de plus prés.)
Plus loin, dans la garrigue désertique, nous rencontrons des ânes sauvages, errant aux hasards des points d’eau et des zones de nourriture. Quelques troupeaux de chèvres broutent aussi, en compagnie de nombreux iguanes.

L’après midi, nous roulons  sur les chemins du Washington National Park, au milieu de blocs de pierres, cactus cierges, lacs d’eau saumâtre, étendues arides et désertiques peuplées de cochons sauvages, de perruches et de multitudes d’oiseaux colorés. Les paysages sont grandioses, superbes, les points de vue époustouflants, associant en couches verticales le bleu de la mer et du ciel au vert des cactus.
Nous avons l’impression d’être un peu au Mexique ou au Far-West mais nous ne voyons ni cow-boys ni indiens.

Notre visite des îles néerlandaises a été enrichissante, déconcertante et nous ouvre un horizon inconnu, celui d’îles européanisées à outrance, taches de modernité posées ça et là, dans l’immensité de la mer et au prix, sans doute, d’un abandon progressif des us et coutumes antillaises.