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S.D.F.

De la burle aux alizés en téléchargement libre

Saltimbanques Des Flots

Fin du voyage...

Non, que tous soient rassurés au plus vite, rien de fâcheux ne nous arrive!
Mais ce titre un peu surprenant mérite certainement les explications suivantes.

Au mois de juin, l'année dernière, nous avions mis notre bateau en vente dans une agence de Raiatea.
Après trois visites et aucune touche sérieuse, nous avions donc décidé de poursuivre le voyage à bord de notre saltimbanque, un peu vieillissant mais toujours très opérationnel.
Cependant, alors que nous rentrions de métropole, nous avons obtenu une offre raisonnable et inattendue provenant d'un couple norvégien.
Le compromis fut donc signé, par l'intermédiaire de Béatrice, notre brooker, entre la Norvège, Raiatea et les Marquises  où nous nous trouvions.
Magie d'Internet, les norvégiens n'ont pas visité le bateau mais simplement visionné les photographies et ils ont sans doute eu un coup de foudre!
Correspondant par mail ou par SMS lorsque nous n'avions pas de connexion internet, nous avons inventorié  le matériel, choisi de laisser ou non certains outils et divers appareils, convenu d'une date d'expertise et d'une date  buttoir pour la finalisation de l'acte de vente.

Après avoir profité une dernière fois des Marquises, entre Hiva-Hoa et  Tahuata, nous avons navigué jusqu'à Ahe, chez Cathy et Gilles, nos amis plongeurs.
Durant dix jours, nous avons partagé, avec beaucoup de joie, des retrouvailles chaleureuses, des discussions animées, des plongées merveilleuses, des salades composées, de délicieux moments...
Nos dernières navigations jusqu'à Tahiti se sont accomplies  par petit temps, histoire de livrer un bateau en bon état...

Le rangement et le tri  commençaient alors. Même si,  à priori, un bateau est tout petit, la foule de choses inutiles est importante, les doublons d'objets en tout genre foisonnent, les babioles s'accumulent et les poubelles se remplissent vite...
Je désire conserver tous les cadeaux que m'ont gentiment apportés mes visiteurs, ma belle poêle et les verres multicolores avunculaires, les présents artisanaux offerts par tous nos amis polynésiens, les souvenirs récoltés çà et là, et j'ai beaucoup de mal à jeter les dessins  d'enfants pourtant palis par la chaleur et l'ambiance salée !
Côté vêtements, le choix est plus rapide: nos habits de voyage sont sales, tachés, abimés et déteints, nous ne les porterons pas en mode terrien!

Les dernières boites de conserve sont consommées, ma machine à coudre laissée sur le motu, les bouteilles d'alcool se vident sans soucis, le linge de maison bien usité  servira de torchons et d'enveloppes anti casse...

 Mi-avril, nous sortons le bateau sur un chantier de Tahiti afin qu'un expert, à la demande de l'acheteur, vienne examiner le catamaran.
Ce charmant monsieur  ne montera pas la grand-voile, ne démarrera pas les moteurs, mais le bon état général du bateau lui plait...et, faut-il le rappeler, tout se déroule en confiance en Polynésie !
Le rapport d’expertise à peine envoyé en Norvège, nos sympathiques acheteurs virent la somme correspondante sur notre compte en métropole: le monde de demain est vraiment à portée de mains!

Il nous reste une petite semaine pour vider le bateau, accomplir les formalités de déménagement et trouver des billets d'avion!
Énergiquement Patrick remplit  des cartons d'outils, de cordages, et autres effets personnels qui rejoindront par voie maritime la métropole, dans trois mois environ...
Quant à moi, je tourne un peu en rond, je fais du ménage, des lessives, et, évidemment, je pleure...
Les successeurs arrivent enfin, ils ont quitté la neige pour le soleil et la chaleur, ils découvrent leur bateau, sont ravis et nous naviguons quelques heures ensemble, avant de quitter ce délicieux  pays...
Nous leur souhaitons de tout cœur beaucoup de plaisir, de joies et d’émotion à bord de ce bateau pour lequel nous garderons une grande tendresse…

Ce premier voyage s'achève donc ici, en Polynésie où nous avons passé trois merveilleuses années. 
A environ mi- parcours d'un véritable tour du monde, après cinq ans et cinq mois de bonheur, entre la Martinique et Maupiti, l'île la plus éloignée  que nous ayons visitée, un bilan s'impose.
Il fera l'objet d'un nouveau texte, très prochainement.
Notre bateau va continuer sans nous un voyage jusqu'en Australie où les nouveaux propriétaires comptent se rendre.
Dès notre arrivée en métropole, nous chercherons activement un autre bateau, mais je vous en parlerai très vite, promis!