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S.D.F.

De la burle aux alizés en téléchargement libre

Saltimbanques Des Flots

PLONGÉE AUX GAMBIER

Si l'archipel des Gambier est un bijou vert posé sur un lagon aux multiples couleurs de bleu, il ne nous a cependant pas offert de superbes plongées.
À ceci, de nombreuses raisons dont les premières, me semble-t-il, sont les extraordinaires découvertes faites précédemment, à Malpelo, puis aux Galápagos. Mais serions- nous devenus difficiles, voire un peu blasés à ce point, pour ne point nous réjouir ici?
La saison d'hiver ne se prête guère a la découverte de nouveaux sites: l'eau a une température de 22 degrés, et le vent du Sud souffle souvent, rafraîchissant énormément  l'air ambiant, dont la température avoisine les 20 degrés.

Les plongées profondes et intéressantes se trouvent à l'extérieur du lagon, mais les petites passes dans le platier  sont difficilement franchissables par gros temps et avec nos  annexes pneumatiques car, même à marée haute, nous ne sommes pas à l'abri d'effleurer une branche de corail, et les passes de navigation sont fort éloignées des sites de mouillage.

L'intérieur du lagon, où les eaux sont plus calmes, n'offre pas un grand intérêt en faune, mais la flore y est cependant magnifique. Les coraux sont diversifiés, abondants, bien vivants et fleuris, des bancs de castagnoles  y logent et s'y reproduisent, en symbiose avec le corail.
Certes, nous croisons des poissons perroquets, des mérous, des nasons, des carangues, des étoiles de mer, des raies léopards, quelques requins, et apercevons des nacres sauvages.

J'apprécie ma combinaison semi-étanche, que j'enfile et quitte de plus en plus aisément, et je plonge aussi avec une cagoule, pour un plus grand confort.

C'est donc dans ce cadre que je passe, avec Gilles, mon niveau 2.

La partie théorique  est très intéressante, voire captivante et s'ouvre à mes yeux un univers physiologique et technique insoupçonné.  Les calculs de consommation d'air, la lecture des tables de plongées, le fonctionnement du matériel, les rouages de l'organisation de la plongée en France sont aussi au programme.
Je suis également très heureuse d'apprendre à me servir de mon ordinateur, je ne tendrai plus bêtement le bras lorsque mon coéquipier me demandera mon temps de palier!
L'étude des accidents de décompression, et la prévention des barotraumatismes ne m'effraient pas mais leurs connaissances et la compréhension des phénomènes physiologiques  découlant d'éventuelles erreurs m’entraîneront certainement à la plus grande prudence.
Cet apprentissage technique ne me pose pas de problème particulier mais je ne peux m'empêcher, au test de connaissances, de rajouter des commentaires inutiles aux questions posées, cela ne vous étonnera  sans doute guère!

Moi qui plongeais un peu ( non, beaucoup!) en " suiveuse", c'est à dire sans me poser aucune question, mais en poursuivant  simplement, plus ou moins laborieusement  Patrick, Franck , Gilles ou un de mes enfants , me voici confrontée à la réalité brutale de l'autonomie.
Il me faut bien déjà quatre ou cinq plongées pour m'apercevoir et comprendre....que je ne comprends rien, ni en orientation, ni en flottabilité, ni en gestion du temps, de la profondeur et de la consommation!
La patience de Gilles est phénoménale, ma motivation est grande, les exercices s'enchaînent, et, peu à peu, je prends conscience de cet environnement qui me devient plus familier.
Je commence à  me repérer, en regardant la profondeur d'eau sous notre annexe, les objets rencontrés, les coraux particuliers ou les reliefs reconnaissables qui me guideront le long de la balade.
Comme à terre, j'essaie  de ne pas perdre le Nord mais je suis toujours un peu à l'Ouest, même avec un compas!
Les changements d'embouts, les vidages de masques, les pirouettes en tout genre me posent de moins en moins de problème, moi qui n'ai jamais su faire la plus petite roulade avant  sur un tapis de gymnastique.
Peu à peu, je m'équilibre  plus facilement et je frôle le sable ou le récif corallien sans l'effleurer, monte et descends le long des patates de corail sans soucis.
Viennent ensuite les exercices de remontées assistées,  qui nécessitent un gros travail et de  nombreuses répétitions, suivant l'expression  fétiche de Gilles: " la répétition fixe la notion".
Le décollage est assez aisé, mais je me fais emporter par une vitesse excessive lors des derniers mètres, ne maîtrisant pas les quantités d'air à vider du gilet, ou, au contraire, ma montée est stoppée par une purge excessive.
Un jour, tout est parfait, nous remontons régulièrement  de 20 mètres en 2 minutes, sans oublier le tour d'horizon avant de rejoindre en douceur la surface.
Les dernières leçons se terminent par les lancers de parachute et je l'embrouille avec le fil,  perds le moulinet, entoure le fil autour de ma palme, bref, je fais toutes les bêtises possibles et inimaginables avant d’obtenir une manœuvre  politiquement correcte.
Mais tout est possible, n'est-ce-pas, même pour moi qui, je vous le rappelle, ne mettais pas la tête sous l'eau il y a seulement deux ans?
En Polynésie, différemment de la métropole,  le niveau 2 permet de plonger en autonomie jusqu'à 29 mètres et, en palanquée avec un plongeur de niveau 4 ou un moniteur, de descendre jusqu'à 49 mètres. Je tricherai même un peu et mon ordinateur indiquera 51.1 mètres!

Inutile de vous dire que l'obtention de ce niveau est aussi l'occasion de prendre un excellent apéritif, très convivial et bien arrosé, étant donné que je suis peut- être la première femme à passer un niveau de plongée dans cet archipel!